L’auto-massage thérapeutique du point-G

L’auto-massage thérapeutique du point-G

Pourquoi le point-G est-il un centre de guérison important dans notre vie ?

 

Eh bien parce que le point-G, comme d’autres parties de nos corps, est traversé par le nerf vague. Et à quoi sert le vague nerf, vous allez me dire ? Ce nerf est responsable, entre autres choses, de l’orgasme que l’on peut obtenir en stimulant cette zone de notre corps. Et ça c’est plutôt une super nouvelle ! Mais ça n’est pas un simple nerf du plaisir. C’est un organe hautement complexe et extrêmement sensible qui communique, à travers des vibrations et des sensations, non seulement à toutes les parties de notre corps, mais également avec le corps des autres. Oui oui, truc de ouf je vous dis !

C’est grâce à lui que nous ressentons autant de choses dans notre ventre, que ça soit les papillons de la rencontre amoureuse, les nœuds dans le plexus du stress ou les crampes abdominales de l’angoisse. Faisant de notre ventre notre deuxième cerveau émotionnel et sensoriel. C’est par le biais du nerf vague que nous ressentons l’amour, la compassion, la peur, la tristesse, la solitude, l’espoir, l’empathie, l’anxiété, le dégoût ou encore le désespoir. C’est grâce à lui (ou à cause de lui, en fonction…) que cela produit des sensations dans notre corps et que nous y réagissons. Non après une réflexion mais pas intuition, par instinct. Car le nerf vague est relié à notre cerveau reptilien, notre cerveau archaïque, et non pas à notre cerveau rationnel. Bref, c’est à travers le nerf que les évènements laissent des traces et des mémoires dans notre corps, c’est à lui encore que nous devons les processus de somatisation et d’engrammes traumatiques[1].

Donc vous devez commencer à comprendre pourquoi le point-G, qui est traversé par ce nerf, est, au-delà du plaisir que cette zone peut nous procurer, un vrai carrefour sensoriel, énergétique et émotionnel dans notre corps. La visiter, la faire vivre, la faire jouir et la masser régulièrement me semble donc nécessaire pour faire le point avec elle, vérifier que tout circule bien et qu’il n’y a pas de blocages, de traumas et de mémoires négatives qui s’y accumulent.

En fait, par sa position centrale dans le corps, mais également du fait des liens étroits qu’elle entretient avec le périnée (base et source énergétique vitale) et avec le nerf vague, le point-G peut rapidement finir en cocotte minute ! Et provoquer douleurs pelviennes, vaginisme, difficultés à orgasmer, maladies uro-génitales et maux de toutes sortes.

Masser pour détendre cette zone si précieuse de votre corps vous permettra de retrouver ou de conserver tonus et souplesse du périnée et du vagin, mais également relaxation, calme et bien-être, par le biais de l’activation du système parasympathique en stimulant le nerf vague.

 

Concrètement, comment s’y prendre ?

 

Installez-vous confortablement, sur un lit, sur le sol ou sur un canapé, en vous accordant un moment pour vous. Éteignez votre téléphone, baissez les lumières et assurez-vous que personne ne viendra vous déranger.

Respirez profondément, fermez les yeux, puis lubrifiez votre doigt avec de la salive, du gel ou de l’huile (la graisse de coco ou le mélange Weleda pour le périnée sont très bien également) et insérez la première phalange de votre index dans votre vagin et pressez la zone supérieure du vagin vers le ventre. La zone que vous pressez est le point-G. Cela peut être agréable, douloureux ou vous donner envie d’uriner car elle est traversée par l’urètre, le canal qui relie votre vessie à votre méat urinaire (le trou par lequel s’écoule l’urine), qu’elle est composée de tissus spongieux fortement innervé et érectile. C’est donc une zone très sensible à manier avec précaution.

Les tensions ou les douleurs que vous pouvez ressentir peuvent venir de plusieurs causes, tout d’abord autour du méat urinaire il y des récepteurs nociceptifs (les récepteurs de la douleurs), mais également parce que, comme je l’ai dit, le point-G, ainsi que le périnée, peuvent avoir accumulé, à travers des expériences sexuelles plus ou moins agréables, des examens gynécologiques ou médicales, ou des évènements traumatisants, des mémoires et des blocages émotionnels.

Sentez comme votre prostate, votre point-G, forme une surface ronde, oblongue, et légèrement granuleuse. Comme une grosse framboise. Faites le tour avec votre doigt et sentez les « gouttières » de chaque côté de la bosse du point-G. Puis allez au fond de votre vagin et sentez comme il diminue et s’aplatit avant le col de l’utérus. Explorez votre point-G en caressant chacune de ses parties, en contractant et relâchant les muscles du périnée et observez comment réagit votre sexe.

Ne vous inquiétez pas si vous ressentez l’envie d’uriner, c’est normal car vous êtes habituée à identifier uniquement les sensations liées à la vessie et pas encore celles qui sont reliées aux glandes qui se trouvent dans le point-G et qui sont responsables de l’éjaculation chez les personnes qui ont un vagin. Ces sensations sont assez proches et qui sollicitent les mêmes zones du corps.

Notez mentalement les sensations suscitées par vos caresses et essayez d’identifier si elles sont agréables, sensuelles, érotiques, douloureuses ou désagréables. Familiarisez-vous avec celles-ci mais ne vous forcez pas si cela vous est pénible. Respirez profondément, calmement et détendez-vous. Essayez si c’est possible d’accentuer la pression sur votre point-G en formant des cercles concentriques. Continuez à respirer, expirez, gémissez ! Faites tout ce qui vous fait du bien et tout ce dont vous avez envie. Soyez attentives à vos sensations, à vos pensées, aux souvenirs et aux images qui peuvent revenir.

La respiration peut être utilisée comme un outil pour vous ancrer dans l’instant présent mais également dans votre corps, pour devenir plus présent.e, plus conscient.e. Mais également, la respiration, lorsqu’elle est profonde et intense, peut vous aider à activer l’hémisphère droit de votre cerveau, la zone liée au non-verbal, à l’émotionnel, au symbolique et au ressenti, en abaissant le niveau de vigilance de notre cerveau rationnel et logique. Et ainsi nous faire aller vers un état modifié de conscience, ouvrant notre être à ses capacités d’auto-guérison, de reconfiguration des évènements de notre passé et nous permettant de récupérer, pour l’utiliser à meilleur escient, toute l’énergie qui était jusque-là utilisée pour maintenir enfouis les mauvais souvenirs.

Concentrez-vous sur cette zone de votre corps en lui envoyant tout votre amour, toute votre bienveillance, toutes vos énergies de guérison et de régénération. Envoyez mentalement à vos cellules des messages de transformations positives.

 

 

 

Que peut-on attendre d’un massage du point-G ?

 

Il se peut que durant ce massage certaines images de votre passé vous reviennent et ne soient pas très agréables. Cela fait partie du processus de libération et de guérison de votre sexe, de votre corps, de votre sexualité et de votre vie en général. Accueillez-le tant que c’est supportable pour vous et accueillez les émotions qui vont avec. Peut-être allez-vous traverser de la colère, de la tristesse, de la honte, du dégoût, de la rage. Laissez ces émotions vous traverser, vous envahir complètement, sans chercher à les fuir, ni à la contrôler. Laissez-les vivre leur vie et elles s’en iront d’elles-mêmes en vous libérant. Plus vous chercherez à les éviter, plus elles vous embêteront.

En pratiquant le massage du point-G aussi souvent que vous en ressentez le besoin, vous réduisez les blocages et libérez les toxines qui ont pu s’accumuler dans cette zone à la suite des tensions qui pouvaient entraver l’afflux sanguin et l’irrigation des tissus. En augmentant l’oxygénation (par la respiration) et le débit sanguin pour produirez plus d’hormones, évitant les pathologies associées à un déséquilibre hormonal (règles douloureuses, infertilité, manque de libido, bouffées de chaleur etc). Dénouer les tensions périnéales vous permettra également de soulager les douleurs de dorsales, pelviennes et génitales et d’obtenir plus de plaisir et de jouissance lors des rapports sexuels.

 

 

[1] MENAKEM Resmaa, My Grandmother’s Hands. Racialized Trauma and the Pathway to Mending Our Hearts and Bodies, Central Recovery Press, 2017, p. 155-156.

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